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Les ‘Financi’Elles’ en Afterwork à Orsay

Jeudi 10 décembre, les « Financi’Elles » fêtaient la récente adhésion de la Fédération au Cercle des Femmes Mécènes d’Orsay et de l’Orangerie, en participant à un « afterwork » dédié au partage de l’amour de l’art… Et à l’engagement des femmes, artistes et/ou mécènes, dans l’univers de la création.

Retour sur cet événement festif et hautement inspirant.

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Financi’Elles & le Cercle des Femmes Mécènes d’Orsay : un partenariat de sens

Financi’Elles a officiellement rejoint, il y a quelques semaines, Le Cercle des Femmes Mécènes des Musées d’Orsay et de l’Orangerie.

Anne de Blignières et Brigitte Cachon

Anne de Blignières et Brigitte Cachon

Pour Anne de Blignières, co-Présidente de Financi’Elles, ce nouveau partenariat est « une occasion supplémentaire d’ouvrir nos réseaux à d’autres réseaux pour continuer à tisser une toile ( !) dense d’actrices et d’acteurs mobilisé.es pour la mixité dans tous les environnements économiques, politiques… Et culturels. »

Brigitte Cachon, l’autre co-présidente surenchérit : « La mixité doit être partout, parce que partout, elle apporte quelque chose, d’autres façons de voir, de nouvelles idées, d’autres règles du jeu. Longtemps, le mécénat d’art a été, au moins dans les esprits, un hobby de messieurs milliardaires. Les femmes, même quand elles avaient des moyens, intériorisaient l’idée que ce n’était pas pour elles. Ce Cercle des Femmes Mécènes, qui est le premier du genre, vient casser ce préconçu et donne en quelque sorte aux femmes une autorisation de faire de l’art leur affaire, aussi ! »

 

Faire de l’art, l’affaire des femmes aussi

C’est exactement dans cet esprit que Guillaume Maréchal, Responsable du Mécénat au Musée d’Orsay, a créé en 2013, ce Cercle des Femmes Mécènes.

Guillaume Maréchal avec Anne de Blignières et Brigitte Cachon

Guillaume Maréchal avec Anne de Blignières et Brigitte Cachon

Ainsi s’en expliquait-il dans un entretien accordé aux Pionnières, en janvier dernier : « Il s’agit de proposer une nouvelle forme d’engagement, à travers une démarche accessible et innovante, permettant de soutenir financièrement les projets des musées de manière pérenne. Les membres du Cercle peuvent ainsi soutenir des projets variés tels que des expositions, la restauration de tableaux, des événements culturels ou bien des projets novateurs comme la création d’un parcours de visite dédié aux femmes. La co-construction est à la base de cette démarche. Par ailleurs, à moyen et long terme, le Cercle a la vocation de créer une véritable plateforme d’échanges et de rencontres en faisant écho aux problématiques sociétales actuelles (parité, égalité professionnelle, éducation, accès à la culture…). Les femmes mécènes se réunissent ainsi régulièrement lors nos rendez-vous privilégiés pour découvrir les coulisses du monde de la culture, partager leurs expériences mais aussi échanger sur des enjeux actuels autour de la place des femmes dans la société, d’où la mise en place de partenariats inédits avec d’autres entités telles que le Women’s Forum », le Cercle inter’Elles et aujourd’hui Financi’Elles.

 

« Qui a peur des femmes photographes? », une (sublime) expo emblématique de la volonté d’Orsay de contribuer à la réflexion collective sur la place des femmes dans la société

ob_427ed7_qui-a-peur-des-femmes-photographesC’est à l’un de ces rendez-vous que les membres du réseau Financi’Elles étaient donc convié.es jeudi 10 décembre, au Musée d’Orsay. Avec pour commencer, une visite VIP de l’épatante exposition « Qui a peur des femmes photographes ? ». La critique étant élogieuse, de Télérama à TF1, en passant par La Croix, le Figaro, les Echos et l’Humanité, entre autres, chacun.e s’attendait naturellement à croiser de belles œuvres dans les galeries du Musée d’Orsay.

Corinne Couteau

Corinne Couteau

Mais pour tou.tes, le ressenti a été bien au-delà du simple exercice d’admiration : « L’expo est impressionnante. On ne peut être que subjugué.e par l’audace avec lesquelles des femmes ayant vécu il y a 100 ans ont pris le droit de faire ce métier de photographe, avec le courage fou de montrer ce qu’une époque ne voulait pas forcément voir, que ce soit la pauvreté ou la guerre, mais aussi leur sensualité et la puissance de leur désir. Il y a une incroyable modernité dans ces images datant parfois des années 1930. Je crois que si certaines étaient publiées aujourd’hui, on les trouverait très justes… Mais peut-être aussi scandaleuses ! », dit avec une palpable émotion Corinne Couteau, membre du ComEx de Financi’Elles, en charge de la Communication et des Relations Presse.

Virginie Chapron-Dujeu et Anne de Blignières

Virginie Chapron-Dujeu et Anne de Blignières

Sentiment partagé par Anne de Blignières qui évoque « l’esprit de liberté » qui traverse les œuvres de femmes « qui ont pris leur outil de travail, l’appareil photo, pour en faire ce qu’elle voulait, à leur façon, sans essayer de faire comme les hommes, sans se plier à des règles imposées. Elles ont expérimenté des choses, se sont sans doute donné un droit à l’erreur que peu de femmes aujourd’hui savent s’accorder. Ces artistes nous envoient un message fort : imposez votre regard, dites votre vérité, n’attendez pas qu’on vous donne des autorisations, mais prenez ce qui vous appartient autant qu’aux hommes : le pouvoir de dire le monde et de le changer. »

Isabelle Loutrel

Isabelle Loutrel

De tels retours ravissent la conservatrice Isabelle Loutrel qui assume une vraie « politique » de féminisation de la programmation du Musée d’Orsay : « Nous avons en ce moment deux expositions qui parlent des femmes dans l’art. Celle sur les femmes photographes et celles sur les courtisanes du XIXè siècle. Dans les deux cas, ce sont des expos qui viennent éclairer des questions très actuelles sur la place des femmes dans la société. Orsay a toujours voulu être un lieu qui fasse dialoguer l’art des époques passées avec le temps présent. Il est donc parfaitement cohérent que nous soyons aujourd’hui un acteur engagé sur de thème prioritaire de société qu’est l’égalité femmes/hommes ».

 

Networker en mixité : les femmes mécènes sont des mécènes comme les autres!

DSC_6812La soirée s’est poursuivie par un cocktail-networking dans l’ambiance chaleureuse du Fumoir du Musée. Et ce soir-là, tou.tes les mécènes étaient de la party ! Guillaume Maréchal ne fait pas mystère d’une intention claire, en réunissant lors du même événement le Cercle des Femmes Mécènes et tous les autres donateurs et soutiens du Musée : « Les Femmes Mécènes ne sont pas des mécènes à part. Notre but est véritablement de leur faire une pleine et juste place dans l’univers de l’art et de leur manifester une égale reconnaissance quand elles contribuent à le faire vivre. »

Delphine Maisonneuse et Brigitte Cachon

Delphine Maisonneuse et Brigitte Cachon

Il n’y a donc pas, à Orsay, de femmes mécènes et d’hommes mécènes, comme il n’y a pas de petit.es donateurs/trices et de grand.es donateur/trices, il y a seulement des « personnes qui ont une sensibilité à l’art et qui ont envie de la partager » dit Delphine Maisonneuve, membre du ComEx de Financi’Elles, en charge du Comité Réseau. Elle, qui a pour mission d’animer la communauté mixité du secteur banque, finance et assurance, se réjouit du partenariat du réseau avec le Cercle qui apporte une nouvelle offre aux membres avec des « occasions informelles et festives, dans des cadres atypiques comme celui du Musée d’Orsay, pour se retrouver, échanger et se découvrir les un.es les autres dans un contexte différent mais qui fait sens. » A ses yeux, emmener les « Financi’Elles » au musée, c’est même toute une allégorie de la mission que s’est fixée le réseau : « Nous travaillons précisément sur la culture. La culture d’entreprise, certes, mais c’est en nourrissant notre curiosité et en nous enrichissant d’inspirations multiples, que nous parviendrons à faire évoluer les visions et les pratiques, dans tous nos environnements. »

 

Un partenariat allégorique de la mission de Financi’Elles : créer de la richesse, promouvoir des valeurs, partager les responsabilités de dire le monde et de contribuer à le changer

Viriginie Chapron-Dujeu

Viriginie Chapron-Dujeu

Virginie Chapron-Dujeu, Secrétaire Générale de Financi’Elles, ne voit pas les choses autrement : « En maillant Financi’Elles à un réseau comme celui des Cercles des Femmes Mécènes d’Orsay, on offre une ombrelle de qualité à notre Fédération tout en créant des contextes propices à l’inspiration, à l’ouverture d’esprit, à la réflexion collective. Toute la mission de Financi’Elles est dirigée vers la création de valeur, au sens de richesse, par la promotion de valeurs, au sens d’éthique, à commencer par celles de l’égalité et de la mixité. »

 

Affaire à suivre…

DSC_6857Cette première rencontre des « Financi’Elles » avec les autres femmes et hommes mobilisé.es pour la promotion de l’art n’est qu’un début…

De nouvelles occasions de se retrouver sont déjà programmées, en sus d’une soirée de lancement officiel du partenariat avec le Cercle des Femmes Mécènes prévue pour très bientôt à Orsay. On en reparle très bientôt sur le blog Financi’Elles.

 

Marie Donzel, pour le blog Financi’Elles.

Retrouvez aussi notre reportage photo de la soirée.

 

Toutes images : © Erwan Balanant-La Manufacture d’Images/Financielles – 2015