Mercredi 20 février se tenait le 3ème dîner des dirigeantes et administratrices de Financi’Elles, qui rassemblait 140 hommes et femmes des métiers de la banque et de l’assurance, pour adresser le sujet de la mixité dans le monde financier.

Financi’Elles : dans le secteur financier, la part des femmes cadres continue de grimper, mais la mixité au plus haut niveau des instances dirigeantes est encore faible

Retour sur le dîner des dirigeantes et administratrices 2019

Mercredi 20 février se tenait le 3ème dîner des dirigeantes et administratrices de Financi’Elles, qui rassemblait 140 hommes et femmes des métiers de la banque et de l’assurance, pour adresser le sujet de la mixité dans le monde financier. Un dîner sous le haut patronage du Président de la République, avec le soutien de Deloitte, Mazars, Auditoire et TBWA Corporate.

Si 55% des salariés du monde de la banque / finance sont des femmes, celles-ci représentent 30% des cadres de direction et 20% des membres des comités exécutifs. C’est pourquoi Financi’Elles s’est donné le rôle d’améliorer et accélérer l’accès des femmes aux sommets des organisations. La fédération a la volonté de montrer que la mixité n’est pas qu’un sujet de femmes, comme l’illustre le discours du ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire :

“Il y a un point d’entrée dans le débat, pour ceux qui sont encore sceptiques : le mieux c’est de regarder les résultats. […] les résultats des entreprises où le Comex est paritaire ont des revenus moyens de 55% plus élevés que les autres. La parité rend les entreprises plus performantes.”

Présente également au dîner Financi’Elles, Ethics & Boards est l’organisation qui mesure les parts de femmes dans les instances dirigeantes. Sa présidente Floriane de Saint Pierre a dévoilé les résultats 2019 pour les conseils d’administration et comités de direction français, mis en lumière avec les résultats de l’indice Ethics & Boards – Financi’Elles, réalisé auprès de 15 entreprises participantes de Financi’Elles : Amundi, Groupe AXA, AXA France, BNP Paribas, Groupe BPCE, Groupe Caisse des Dépôts, CNP Assurances, Groupe Crédit Agricole, Euler Hermes, HSBC France, ING France, Malakoff Médéric Humanis, Natixis, Scor et Société Générale.

La part de femmes dans les instances dirigeantes en 2019
Conseils d’administrationComités exécutifs et
Comités de direction
SBF 12043,6% de femmes
Contre 22,8% en 2013
17,8%
Contre 12% en 2013
Entreprises membres de Financi’Elles
40,3%20,8% pour les sièges internationaux
35,9% dans les filiales France

Autre travail sur la mixité dévoilé lors de la soirée : une grille d’analyse de la maturité des politiques diversité/mixité, permettant à chaque entreprise de s’auto-évaluer et d’identifier des bonnes pratiques.

Cet outil innovant est le résultat des travaux de l’Observatoire de Financi’Elles et conduit à mettre en exergue plusieurs axes de progrès :

« les processus RH sont aujourd’hui matures dans le secteur banque / assurance, mais, pour aller plus loin, l’implication des dirigeants est clef »

déclarait Catherine Helaiem-Deslandes, co-présidente de l’Observatoire.

Les partenaires Deloitte et Mazars ont également pris la parole

Pour atteindre l’équilibre au sein de la direction des entreprises Sophie Blegent Delapille, avocate associée chez Taj (groupe Deloitte) a présenté quelques leviers d’action, tels que la prise de conscience des freins existants, la participation des femmes aux panels de sélection des candidats, ou bien l’importance du vocabulaire pour éviter les crispations en matière de mixité, par exemple en parlant d’objectifs et de KPI (Key Performance Indicators – Indicateurs Clés de Performance), plutôt que de quotas.

Virginie Chauvin, associée et membre du comité exécutif de Mazars France, a conclu ces présentations avec un zoom sur la génération Z et ses attentes, en termes de flexibilité horaire, de relations avec la hiérarchie, d’autonomie ou de cadre de travail. L’occasion de rappeler la nécessité d’embarquer tout le monde pour faire progresser la mixité.

L’analyse d’Agnès Tran-Pommel et Corinne Trocellier, co-présidentes de Financi’Elles :

“Si le secteur financier est plutôt bon élève en termes de mixité avec une part des femmes cadres qui continue de grimper, la mixité au plus haut niveau des instances dirigeantes est encore faible (part des femmes cadres de direction : 30%, seulement 20% de femmes sont présentes dans les comités exécutifs). Il reste donc du chemin à parcourir, notre conviction est qu’il faut poursuivre cet élan pour accélérer la mixité dans la gouvernance de nos entreprises.”